Le paludisme est une maladie infectieuse qui emporte environ 800 000 personnes dans le monde. Déjà 90 % des victimes sont issues du continent africain, parmi lesquels les femmes enceintes et les enfants en bas âge sont en premières lignes et constituent un groupe à haut risque.

Une vulnérabilité plus grande

En 2014, un enfant mourrait du paludisme toutes les 9 minutes en Côte d’Ivoire où la maladie est endémique, c’est-à-dire qu’elle y sévit de façon permanente. Aujourd’hui encore, on estime à 63 000 le nombre d’enfants qui décèdent de cette maladie, c’est d’ailleurs la première cause de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans. Le paludisme influe donc sur le taux de mortalité infantile mais aussi sur la santé des enfants qui lorsqu’ils ne succombent pas à la maladie peuvent être touchés par des phénomènes d’anémies, des épilepsies et des problèmes neurologiques. Chez la femme enceinte, les conséquences d’une crise de palu s’étendent de l’anémie au risque de naissance prématurée, ou encore au risque de faible poids du nouveau-né à la naissance. Un accès palustre peut aussi avoir de plus graves conséquences en début de grossesse et entraîner une fausse couche.

Une vulnérabilité plus grande

La lutte contre le paludisme a permis de faire chuter de 50 % le taux de mortalité depuis 2000, les progrès s’expliquent notamment par les efforts axés sur la prévention. Désigné sous le terme local Djékouadjo, le paludisme est le fléau des zones tropicales. Les plus vulnérables sont les femmes et les enfants issus des milieux défavorisés. Il faut avant tout, tout faire pour l’éviter et cela commence notamment par des efforts pour se protéger des moustiques. Puisqu’ils sont les vecteurs de transmission de la maladie, il faut éliminer leurs lieux de prolifération. Cela signifie se tenir éloigné des eaux stagnantes ou des zones insalubres (type décharge intempestive). De manière pratique, il est bon d’utiliser des répulsifs locaux, de se couvrir et couvrir les enfants à la tombée du jour où il y a recrudescence des moustiques, de veiller à l’assainissement de l’environnement dans lequel on évolue et vit.

La vigilance doit être accrue durant les saisons des pluies en Côte d’Ivoire, c’est-à-dire entre mai et juillet puis octobre – novembre.

La distribution de moustiquaires priorisent les femmes enceintes, allaitantes et les bébés. A l’INHP de Treichville (Abidjan) et dans tous les centres médicaux ivoiriens, la distribution est gratuite lors des visites pour les vaccins qui sont par ailleurs tous gratuits jusqu’à l’âge de 9 mois. Malheureusement, seul1/3 des ménages en utilisent. Selon les chiffres de 2014 du Ministère de la Santé, 67% des ménages possèdent au moins une moustiquaire imprégnée avec un taux d’utilisation de 33%. En cause, la crainte de la chaleur et de l’inconfort. Et ces mêmes moustiquaires financées notamment par le Fonds mondial de lutte contre le paludisme et l’Unicef se retrouvent alors en vente sur les marchés de la capitale et du pays.

Les attitudes à adopter

  • 1ère des mesures est l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide.
  • Eviter les eaux stagnantes (récipients laissés à l’abandon, pneus, crevasses et accidents de terrain susceptibles de se transformer en mares en saison des pluies.
  • Améliorer sa gestion des déchets (ne pas les entreposer longtemps chez soi, veiller à un enlèvement quotidien, alerter en cas de décharge sauvage dans le quartier).
  • Débroussailler son jardin, ou l’espace entourant son lieu de vie. Le faire traiter si cela est possible par des entreprises spécialisées. Un biais naturel est de faire pousser des plantes comme la citronnelle, le géranium ou le basilic qui sont des répulsifs naturels.
  • Faites pulvériser l’intérieur de votre maison une ou deux fois par an. Vaporiser l’insecticide seulement lorsque c’est nécessaire.
  • Mettez de l’anti moustique quand vous sortez dans la nature, en bord de mer ou en bord de lagunes.
  • Faire le suivi de sa grossesse avec des consultations pré-natales régulières au cours desquelles un traitement préventif de façon intermittente sera prescrit.

La prévention est aussi médicamenteuse, elle est appelée chimioprévention par le monde scientifique. Ainsi la femme enceinte suit un traitement préventif durant son suivi pré natal. Chez le nourrisson aussi, il existe un traitement préventif intermittent chez les nourrissons appelé TPIn. Il réduit les risques de paludisme clinique, d’anémie et de paludisme sévère dans la première année de vie. Le traitement est administré trois fois pendant la première année de vie lorsque l’enfant est âgé d’environ 10 semaines, 14 semaines et 9 mois.

Une vigilance accrue aux symptômes du paludisme

Le paludisme dans sa forme simple ou plus grave se manifeste par des symptômes qui peuvent être assimilés à d’autres maladies infectieuses. Seul un test sanguin permet de poser un diagnostic certain. Il convient cependant d’être alerte sur un certain nombre de symptômes qui sont notamment:

  • Les maux de tête ou céphalées
  • La sensation de vertige
  • De fortes fièvres quand elles dépassent 39,5°C, c’est un critère de gravité de la crise de paludisme (ou accès palustre). Elles constituent à elles seules un motif de consultation
  • Convulsions notamment en cas de fortes fièvres, c’est à dire des tremblements non contrôlés de tous les membres. Perte de conscience, l’enfant ne se réveille pas
  • Anémie : la peau, la langue ou les gencives pâles. Le blanc des yeux jaunâtres
  • Nuque raide
  • Des douleurs articulaires
  • Toux, difficultés respiratoires
  • Diarrhées, fatigue
  • Nausée
  • Manque d’appétit

Dès la survenue d’un ou des symptômes et notamment de la fièvre, il faut se rendre rapidement dans un point de santé pour consulter. En effet la prise en charge efficace doit se faire dans les 24h qui suivent la survenue de la fièvre afin d’endiguer la prolifération des parasites et éviter l’aggravation de l’infection.

Parfois attribuées à la fatigue, migraines ou simple grippe où aux petits maux de grossesse, les symptômes n’alertent pas et entraînent des retards dans la réaction qui peuvent avoir de graves conséquences. La fièvre est le premier signe d’alerte et la prise en charge idéale intervient 24H après le début de la fièvre pour empêcher toute complication, notamment le paludisme cérébral ou neuro-paludisme qui affecte le système neurologique quand il ne cause pas de décès brutal.

Des Traitements efficace et en progrès constants

Les techniques de diagnostic habituelles sont soit la goutte épaisse [analyses sanguins], soit ce qu’on appelle le test de diagnostic rapide (TDR) qui est un test enzymatique qui permet de détecter les parasites dans le sang et que l’on peut même effectuer en pharmacie (de garde pour traiter au plus vite).

On n’alertera jamais assez sur le danger des faux médicaments vendus dans la rue qui non seulement ne soignent pas mais causent des dégâts irréversibles sur la santé.

En Côte d’Ivoire, le Traitement est entièrement gratuit (consultation, diagnostic, médicaments prescrits compris) depuis 2012. Il est important de se rendre au plus vite dans des centres de santé, pour une prise en charge rapide de la maladie. C’est cette réactivité qui va permettre l’efficacité du traitement notamment le CTA (Combinaison thérapeutique à base d’artémisinine) qui en 3 jours élimine les parasites présents dans le corps du fait de l’infection palustre.

Les antipaludéens sont souvent fait à base de quinine ou de chloroquine (à éviter en cas de prise en charge de paludisme simple pour éviter les phénomènes de résistance) mais d’autres molécules sont en circulation car la recherche est en constante évolution. D’important progrès ont été faits grâce notamment aux Objectifs du Millénium pour le Développement (2015) qui ont drainé des budgets colossaux à la recherche et à la lutte contre le paludisme. L’état pouvant se détériorer rapidement (trop grande faiblesse du patient) des traitements par injection et par voie rectale sont envisageables avec des molécules plus puissantes quand la voie orale n’est plus possible.

Il faut en tout premier lieu, éviter l’automédication et se rendre immédiatement en pharmacie ou dans un centre médical pour consulter. On n’alertera jamais assez sur le danger des faux médicaments vendus dans la rue qui non seulement ne soignent pas mais causent des dégâts irréversibles sur la santé.

Un vaccin expérimental a été testé dans plusieurs régions du continent et sera peut être prochainement proposé aux enfants, qui sont les premiers fauchés par le paludisme.

On distingue les formes de paludisme simples des formes de paludisme grave. La prise en charge diffère et le risque de complications y compris mortelles de la seconde catégorie fait de la prise en charge du paludisme simple une priorité.