Pour les autres maladies comme pour le paludisme, le traitement médical va avec une approche psychologique. L’un renforce l’autre. Dans l’espérance et l’assurance d’une vie meilleure, un bel état d’esprit prédispose l’organisme qu’il rend plus réceptif à la prise en charge médicale. Dans le cas du paludisme, le changement de comportement, la meilleure prévention, le meilleur remède.

Face au paludisme qui est endémique tout au long de l’année avec un sommet passager de propagation pendant les intervalles de pluies, dans la région ouest africaine, des campagnes de sensibilisation entre autres approches préventives ont produit un impact positif d’une faible incidence. Cependant, dans un pays comme le Sénégal par exemple, une série de campagnes de prévention a permis de passer de 130 cas pour 1000habitants en 2006 à 14 cas pour 1000 habitants en 2009, comme nous l’apprend Oulèye BEYE, du service de communication du PNLP (Programme national de lutte contre le paludisme). Ce résultat n’aurait pu être obtenu sans un changement de comportements.

C’est dire que le palu est avant tout la conséquence d’une certaine négligence humaine. Car contre le vecteur de la pathologie, il est possible de se prémunir en prenant les dispositions et les dispositifs nécessaires. Ne pas s’exposer à la piqûre de moustiques, mais surtout ne pas créer les conditions favorables à leur propagation. Toutes choses qui font que la responsabilité humaine est mise en cause.

C’est dire que le palu est avant tout la conséquence d’une certaine négligence humaine

Changement de comportements, un impératif

Une non maîtrise de la cible peut rendre inefficaces et inefficientes les stratégies. En un moment, « les stratégies de lutte contre le paludisme s’étaient plus concentrées sur les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans alors considérés comme les groupes les plus vulnérables». Jusqu’à ce que les informations de routine montrent que la charge de morbidité et de mortalité est équivalente sur la population générale. En outre, les analyses d’incidence, de morbidité et de mortalité dues au paludisme montrent souvent une disparité entre différentes zones d’existence. Des facteurs divers liés à la densité de la population, aux aspects épidémiologiques, à la pluviométrie à l’aspect géographique, à l’environnement économique et aux installations sanitaires.

Dès lors s’imposait de revoir la cible et de changer les comportements.

Pour ce faire, les stratégies adoptées pour prévenir et traiter le paludisme sont celles recommandées par l’Organisation mondiale de la santé. Il fallait alors, impérativement, «mesurer les progrès et connaître les cibles» pour le Dr Omar Sarr coordonnateur du PNLP. Dans le lot des bonnes pratiques, les moustiquaires imprégnées constituent une mesure de prévention importante.

«Sous moustiquaire imprégnée : Toute la famille, Toutes les nuits et Toute l’année»

Dormir sous des moustiquaires traitées aux insecticides longue durée permet à la fois d’éviter les piqûres de moustiques infectés par le paludisme et de tuer les insectes. Ce faisant, rendre accessibles ces moustiquaires en les distribuant gratuitement ou à bas prix. Avec une priorité accordée aux femmes enceintes et aux enfants de moins de cinq ans. Toutefois, pour une large couverture et toucher toutes les cibles, des pays comme le Sénégal a appliqué la règle des trois «T». C’est la stratégie «Toute la famille, Toutes les nuits et Toute l’année sous moustiquaires imprégnées a été lancé et a porté ses fruits ».

Le résultat fut immédiat comme présenté Docteur Fatou Ba qui a fait le constat d’une régression significative du palu de plus de cinquante pour cent (50 %) entre 2009 et 2015.

La promotion des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action et leur distribution à très grande échelle ont contribué à un changement réel de comportements, mais sans arriver à éliminer définitivement le paludisme.

Pulvérisation des murs intérieurs, gérer les sites de reproduction

La résistance de la maladie a conduit à d’autres stratégies, visant à vaincre le mal à la racine. Surtout en milieu rural, encore zones de résistances par excellence, il faut détruire les œufs et les larves à la base. Une nécessité impérieuse de convaincre les populations pour pulvériser d’insecticide les murs intérieurs des habitations et tous les lieux de prédilection des moustiques. Dans les zones à haut risque (c’est-à-dire où l’on recense au moins un cas de paludisme par 1000 habitants chaque année), la gestion des sites de reproduction des moustiques nécessite de détruire les populations de larves.

Plaidoyer : les écoles comme relais

Changer les comportements, c’est investir le champ de l’information, de l’éducation et de la communication.

C’est ainsi que les services de santé, dans leur objectif Zéro palu, s’appuient sur des relais. Les autorités sanitaires mettent à contribution les écoles. Des spécialistes encadrent les élèves qui apprennent à vivre dans leur milieu et entraineront les familles et les quartiers dans cette bonne pratique.

Avec comme mot d’ordre «Investir dans l’avenir, vaincre le paludisme », ces relais sont initiés aux modes de transmission, aux mesures de prévention et au traitement. Et à inviter les populations à éviter les guérisseurs et autres charlatans. A éviter l’automédication, mais surtout les inviter à se faire consulter et se faire prendre en charge très tôt dans les structures de santé.

Ces relais sensibiliseront sur les dangers des flaques d’eau, les mares, marigots, les zones d’inondations, les ordures et tous supports refuges du danger volant qu'est le moustique qu’il faut neutraliser dans son milieu de prolifération.

Des spécialistes encadrent les élèves qui apprennent à vivre dans leur milieu et entraineront les familles et les quartiers dans cette bonne pratique