Dans le monde, deux enfants sur cent ont la colonne qui se tord durant la croissance. Il est crucial de dépister précocement la pathologie pour contrer son évolution avec succès.

La scoliose, une maladie sous estimée et peu diagnostiquée

La colonne vertébrale, aussi appelé le rachis, est en quelque sorte la charpente qui supporte l’ensemble du squelette. Elle est constituée de 7 vertèbres cervicales (le cou), 12 vertèbres dorsales, 5 lombaires et 4 vertèbres constituant le coccyx. L’ensemble doit être parfaitement droit de face et les vertèbres ne doivent pas subir de torsion ou de rotation. La scoliose est une déformation de la colonne vertébrale liée à une rotation des vertèbres et cette déformation est tri- dimensionnelle : frontale, horizontale et verticale.

Des anomalies de la courbure de la colonne chez l’enfant doivent être le motif d’une consultation. A terme, au delà de la disgrâce esthétique qui peut impacter l’estime de soi et l’insertion sociale, ces déformations peuvent entraîner des difficultés respiratoires avec compression de certains organes de la cage thoracique comme les poumons, le cœur et des arthroses précoces par l’usure des disques mal positionnés.

Typologie des scolioses pédiatriques

  1. La scoliose du nourrisson est habituellement d’origine positionnelle (durant la grossesse) et spontanément résolutive
  2. La scoliose infantile survient avant l’âge de 3 ans
  3. La scoliose juvénile survient entre 4 et 10 ans. le traitement est spécifique avec le port nocturne de l’orthèse de Milwaukee.
  4. La scoliose de l’adolescent qui survient à la puberté est la plus courante. Elle affecte plutôt les filles (70 % des cas) Pendant la période pubertaire, la colonne vertébrale peut augmenter de 11 cm. C’est donc pendant cette période de forte croissance que les scolioses évoluent beaucoup et qu’il faut absolument empêcher l'aggravation des déformations. Le risque d'aggravation est majeur au moment de la puberté et jusqu'à 20 ans.

 

Un Dépistage pourtant simple

Le diagnostic est souvent fortuit à la suite d’une consultation classique avec le pédiatre. N’hésitez donc pas à inclure dans votre entretien de routine un questionnement sur le dos de votre enfant ou adolescent.

Un examen clinique très simple permet alors de faire la différence entre une véritable scoliose et une attitude scoliotique liée à une mauvaise posture, l’enfant ou l’adolescent est examiné de dos, de profil, penché en avant et en position couchée. Le médecin va regarder la longueur des jambes et voir s’il y une inégalité ou un déséquilibre du bassin qui sont à l’origine d’une attitude scoliotique. La scoliose, elle, va être suspectée dès constat d’une gibbosité, c’est-à-dire une petite bosse qui va trahir une lésion structurale, une courbure de la colonne vertébrale.

L’examen clinique est alors complété par un bilan radiologique, impératif, qui va notamment mesurer la scoliose en degré.

Très souvent la scoliose est idiopathique, c’est-à-dire sans cause connue. Elle peut être aussi héréditaire ou liée à des malformations congénitales, des paralysies associées notamment à des neuropathies (exemple de la myopathie) ou encore à des traumatismes.

Les traitements

Un traitement est indiqué lorsque l’angle de la courbure dépasse 15°, il est à définir avec l’équipe soignante.

N’hésitez donc pas à inclure dans votre entretien de routine un questionnement sur le dos de votre enfant ou adolescent

Traitement orthopédique

C’est un traitement long, qui va s’étaler sur 1 à 3 ans et accompagner la croissance de la colonne. Il vise à freiner l’aggravation de la courbure et à corriger l’inclinaison.

Un plâtre ou un corset va être réalisé sur mesure par un orthoprothésiste. Le corset est indiqué dans les scolioses de 25° à 45°. S’il ne corrige pas le trouble axial, le corset peut éventuellement contribuer à freiner la progression de la scoliose durant la poussée de croissance. Il contraint mécaniquement la colonne vertébrale et offrent une aide active afin que la croissance s'effectue dans la position la plus corrigée possible. Ces contentions visent à stabiliser les déviations et déformations de la colonne vertébrale. Ils sont adaptés à la forme des courbures et à l'âge des enfants et sont réglables en fonction de la croissance du rachis.

Kinésithérapie

Elle est un complément essentiel pour accompagner le traitement médical et aide à freiner l’évolution de la scoliose et à la réussite du traitement. Les mouvements, les exercices et la rééducation, rendus plus ludiques permettent aux enfants d’accepter le protocole de soins. La kinésithérapie influe sur la correction posturale et amène à une pratique d’un sport adapté. Le bénéfice de cette thérapie par le mouvement, est net sur la qualité de la musculature, de la masse osseuse, du développement de la capacité vitale.

Chirurgie

Une opération chirurgicale est possible et conseillée lorsque la scoliose dépasse 45°, car une scoliose non traitée de cette importance peut avoir des répercussions graves sur le reste de l’organisme. Il suffit d’évoquer les problèmes bien connus en matière d’image de soi, de troubles psychosociaux, de handicaps physiques et de douleurs chroniques. Il existe de nouvelles techniques chirurgicales très peu invasives qui laissent des cicatrices fines. L’opération n’est envisageable qui si la croissance est terminée.
 La chirurgie à la fin de l’adolescence modifie la courbure et fixe les vertèbres Pour ce faire, une ou plusieurs tiges métalliques (en fonction de la méthode retenue), viendront maintenir l’alignement corrigé des vertèbres, tel un tuteur. Ce traitement est complété par des greffes osseuses entre les vertèbres.

L’opération est sans douleur (sous anesthésie générale), et peut se faire pendant les vacances, ensuite la reprise des études peut se faire normalement sans port de corset.

Un suivi régulier essentiel

Il est difficilement accepté par les enfants qui ne ressentant pas de douleur auront du mal à accepter la contrainte thérapeutique. Néanmoins il est impératif de faire un suivi régulier pour éviter l’aggravation de la déformation et ce qu’elle peut engendrer en terme de disgrâce esthétique (bosse), de douleur, et gêne sociale et professionnelle.

 

Quelques conseils pratiques

  • Il est important pour bien vivre la scoliose et son traitement de ne pas transmettre vos angoisses à votre enfant.
  • Adoptez un régime équilibré et des activités sportives pour éviter une surcharge pondérale sur la colonne vertébrale.
  • Les cartables des enfants sont de plus en plus lourds, et ce, dès le primaire. Privilégiez des cartables à roulettes.
  • Inscrivez votre enfant à la natation ! La pratique régulière de ce sport va limiter l’évolution de la scoliose et rendre son dos tonique en le musclant. (crawl et dos essentiellement, la brasse et la nage papillon sont à bannir car elles accentuent la cambrure)
  • Adoptez ensemble de bonnes postures au quotidien (assise, pour se pencher, debout).
  • Respectez scrupuleusement les visites de surveillance et les examens de contrôle pour que le traitement soit efficace.