« La confidence noie la douleur ». Pourtant Oumar Sy, 45 ans, n’aime pas du tout parler de sa souffrance. Il souffre son mal en silence. Aujourd’hui, ce comptable n’exclut même pas de porter un appareil dorsal pour soulager son dos qui a même fini par une déformation. Très mal à l’aise, il est très touché par cette affection. Pourtant, «au début, j’étais très rassuré par les mots de mon médecin traitant». Les faits remontent en 2009. Le jeune sénégalais était encore étudiant en France. Son mal est survenu une semaine après un choc dans un véhicule. «J’étais avec un ami quand un autre véhicule a heurté violemment notre voiture par derrière. Au début, nous ne sentions rien. Mais des jours après, j’ai senti une douleur crispante au dos.» Il a cru d’abord avoir une fatigue et prend le soin de se reposer. Des calmants, puis des massages mais consulter deviendra une nécessité du fait de la persistance encore et encore de la douleur.

Oumar Sy, comptable, conte son mal de dos persistant

« Quand j’ai vu un médecin en France, c’était d’abord des radiographies qui révèlent une lombalgie. Des calmants, des exercices sportifs entre autres mais aussi beaucoup de repos m'ont été prescrits. Au début ça pouvait aller mais le temps fera toujours son effet. Je suis arrivé à un point où je ne pouvais même plus me tenir droit. » Mais, Oumar affirme devoir son salut à la natation. « Quand j’ai atteint ce stade, mon médecin m’a conseillé de nager pendant 30 minutes au moins le matin et le soir et je dois mon salut à cet exercice. » 
Pour sa rééducation, il la poursuit en France. « Je n’ai pas voulu changer de médecin et chaque fois qu’on me donne des recommandations je les suis à la lettre mais j’ai commencé à trainer des séquelles. Aussi je n’exclus pas de porter un appareil dorsal pour venir à bout de mon mal qui touche aussi mon travail parce que je suis très mobile et je voyage souvent entre la France au Sénégal.

Au boulot... c’est la bougeotte

Au travail, Oumar bouge beaucoup. Il prend beaucoup plus de temps pour remplir sa journée. Il s’est donc établi un nouveau calendrier. « Je fais le plus urgent et le reste je peux soit l’amener à la maison soit rester plus tard. »

C’est que Oumar ne peut rester longtemps assis. Il est obligé de se lever toutes les heures pour faire quelques pas et revenir.
Et face aux exigences et obligations professionnelles contraignantes des employeurs, Oumar trouve sa grâce en travaillant pour une entreprise familiale.

Anta Kane, 30 ans, mère de deux enfants en bas âge, explique que les douleurs sont d’autant plus désagréables qu’elles l'empêchent de porter ses enfants plus de dix minutes, dans les bras, sans en subir les conséquences. Heureusement que sa mère est là pour l’aider.

Anta Kane, agent de banque, relate ses douleurs chroniques

« Cela fait 5 ans que j’ai mal au dos, les douleurs se sont installées progressivement. Au départ je les ressentais principalement le soir. » nous confit-elle. Cependant parfois elle ne ressent rien, la douleur part comme par enchantement sans qu’elle ne sache pourquoi. Mais Malheureusement, les temps de répit sont de courte durée.

« J’ai eu deux grossesses rapprochées. Mes deux accouchements se sont fait par césarienne avec péridurale. Cela n’a fait qu’empirer mon problème qui depuis lors se manifeste dès le réveil. Même si c’est toujours en fin de journée que l’intensité est plus forte. » Ajouté a cela, elle est contrainte de rester de longues heures assise du fait de son travail.

D’après son rhumatologue, Anta souffre d’un tassement discal au niveau des vertèbres lombaires. Elle se rappelle d’une violente chute sur les fesses lorsqu’elle était adolescente. Ce serait cela qui aurait enclenché le processus de tassement progressif qui n’a fait que s’aggraver depuis lors.

« Pour me soulager, je prenais beaucoup de médicaments anti-douleurs et mon estomac commençait à en souffrir. Une amie m’a alors conseillé de recourir à une thérapie naturelle et manuelle. Je dois avouer que cela a bien marché car je me sens beaucoup mieux. La douleur est toujours là mais elle est plus supportable et je n’ai plus recours aux médicaments. Aussi, je fais plus attention à mes postures durant la journée et j’évite les chaussures à talons très hauts que j’avais pour habitude de mettre. »

Pour se débarrasser complètement de ses douleurs Anta doit faire une rééducation complète de ses abdominaux et de ses muscles du dos. « Mon thérapeute m’a fait prendre conscience que le manque d’exercices à rendu mes muscles faibles et que mon dos reste fragile à cause de cela. Dès que mes enfants seront un peu plus autonomes, je reprendrai le sport pour renforcer mon dos. »