Comment préserver la femme enceinte et son bébé ?

Durant la grossesse il y a tant de bouleversements, tant de responsabilités et tant d’anxiété liée à l’avenir de 2, 3 ou davantage de personnes. Si à cela s’ajoute la crainte d’un diabète gestationnel, la garantie d’une maman et de son enfant en parfait état de santé vaut son pesant de test glycémique sous les tropiques. Mais il n’y a pas lieu de s’alarmer outre mesure, si le suivi se fait correctement».

Mille et une interrogations se bousculent dans la tête de la femme enceinte. Des questions inspirées par l’avenir et les bouleversements qui ont lieu dans votre corps. Dans un tel état d’esprit, faire suivre sa grossesse s’impose. C’est la première des résolutions à prendre. Une série d’examens, aussi précieux les uns que les autres, accompagne la grossesse. Chaque examen requis à sa raison d’être et son importance pour s’assurer de la bonne santé de la mère et de l’enfant à venir. Parmi ceux-ci, le test glycémique proposé le plus souvent au cours du second trimestre.

Pourquoi faire ce test glycémique?

Ce test appelé HyperGlycémie provoquée par voie Orale, ou HGPO consiste à vous faire une première prise de sang à jeun, puis à vous faire boire une solution sucrée contenant 75g de glucose (ce n’est pas aussi bon que ça en a l’air !) et ensuite deux prises de sang à une heure d’intervalle pour vérifier l’assimilation du glucose par l’organisme.

C’est important d’être dépistée pour pouvoir prendre des précautions, une prise en charge précoce et adaptée est la garantie d’une maman et d’un bébé en bonne santé. Le test est facultatif en Europe mais quasi systématique sous nos cieux, tant nos populations sont touchées par le phénomène. Il est proposé à 28 semaines soit au 6eme mois de grossesse.

Le diabète gestationnel, c’est quoi ?

C’est une forme bénigne du diabète, donc pas de panique si l’examen révèle une hyperglycémie. Ce trouble survient parce que l’action de l’insuline, qui favorise l’intégration du sucre dans les cellules du corps, est inhibée, probablement par les hormones produites par le placenta, ce qui provoque une insensibilité à l’insuline (également appelée insulinorésistance) et donc une accumulation excessive de sucre dans le sang. Selon la définition de l’OMS «le diabète gestationnel est un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable, débutant ou diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse».

C’est important d’être dépistée pour pouvoir prendre des précautions, une prise en charge précoce et adaptée est la garantie d’une maman et d’un bébé en bonne santé.

Qui est concerné ?

Il existe des facteurs de risques, notamment l’obésité (ou le surpoids avec un IMC supérieur à 25), l’hérédité (vos parents, vos frères et sœurs) et l’âge (35-40 ans). Des études récentes établissent aussi un lien entre la dépression et l’apparition d’un diabète gestationnel. Mais le bouleversement hormonal résultant de la grossesse peut faire apparaître un diabète gestationnel sans que la femme enceinte ne présente un profil dit à risque.

Est-ce grave ?

Environ 10 % des grossesses sont concernées, vous n’êtes donc pas un cas isolé. C’est un diabète temporaire, il disparaît dans les jours ou les semaines qui suivent l’accouchement. Néanmoins, il importe d’adopter quelques principes d’hygiène de vie et un suivi médical approprié.

Quels sont les symptômes ?

Contrairement aux autres types de diabètes, le diabète gestationnel est asymptomatique ou ses symptômes se confondent avec les petits tracas de la grossesse comme la fatigue, la soif, les envies fréquentes d’uriner.

Le Traitement ?

Le résultat est positif ? Pas de panique. Une fois le diagnostic posé, une heureuse combinaison des expertises de votre gynécologue, d’un endocrinologue (spécialiste du diabète) et d’un diététicien vous permettra de traverser cette période sans heurts et sans souci majeur pour vous et pour votre bébé.

Sans minimiser les risques, suivre les conseils donnés par les professionnels qui vous suivent. L’objectif global vers quoi tendent toutes les mesures à mettre en place une glycémie sanguine normale (taux de sucre dans le sang). Dans la plupart des cas, il va s’agir de modifier son régime alimentaire et pratiquer des exercices physiques modérés.

Equilibre alimentaire

Il est à définir en fonction de votre profil (taille, poids, activités et antécédents) et il visera à maîtriser votre apport en sucre (glucose). L’observance du régime défini devra être stricte, mais celui-ci est plus facile à observer dans les cas de diabète gestationnel car les patientes savent que c’est la santé de leur enfant à venir qui est en jeu et la priorisent. Se faire accompagner par un nutritionniste est primordial. L’alimentation permet de normaliser la glycémie au quotidien, de surveiller son poids en maîtrisant ses apports nutritionnels et cela permet à long terme de se prémunir contre le risque cardiovasculaire.

En résumé, il faut ajuster son alimentation à sa dépense d’énergie, respecter un rythme régulier (3 ou 4 repas par jour), augmenter sa consommation de fruits et légumes et éviter toute forme de grignotage. L’objectif à atteindre est de contenir l’apport calorique entre 3000 et 1600 calories par jour selon sa taille, corpulence et son profil de dépenses énergétiques.

Attention à certains aliments riches en glucides que l’on ne soupçonne pas toujours comme le riz blanc. Privilégier les aliments riches en fibres car elles ralentissent l’absorption des glucides suite au repas (= post prandiale) et donc l’hyperglycémie ainsi que la sécrétion d’insuline. On en trouve notamment dans les feuilles de patates, haricot, lentilles, soja, noix de coco (surtout lorsqu’elle est séchée) et aussi dans la pomme.

Activité physique régulière

Après évaluation et accord médical, optez pour des activités modérées et les pratiquer régulièrement (2 à 4 fois par semaine). La marche, la natation, le yoga, la danse ou la gymnastique douce sont recommandés par séances de 30 à 40 min en testant sa glycémie au doigt (entre 0,90 et 1,40 g/l ).

Surveillance glycémique

Tout au long de la grossesse des examens réguliers pour surveiller la glycémie sanguine et dans les urines, et une attention toute particulière est faite à la tension artérielle qui a tendance à augmenter avec le taux de glycémie et donc à provoquer de l’hypertension.

Un traitement par injection d’insuline est parfois prescrit, en dernier recours, si malgré toutes les mesures d’hygiène de vie et de principe d’alimentation le taux glycémique sanguin reste au-dessus des objectifs fixés. L’insuline est prescrite par injection car les médicaments antidiabétiques oraux sont le plus souvent contre-indiqués durant la grossesse.

Quels sont les risques pour la mère ?

Une grossesse diabétique entraîne des risques durant la grossesse comme l’apparition d’oedèmes, et/ou d’hypertension artérielle. Elle impacte aussi l’accouchement qui peut survenir de manière prématurée et augmente le risque de césarienne, des complications rénales sont aussi possibles, le risque le plus grave étant une pré-éclampsie. Mais si les risques sont bien réels ils sont largement réduits voire neutralisés par un suivi sérieux.

Un bon suivi vous permettra d’accoucher à terme et par voie basse sans complications notables. Ensuite le risque de développer ensuite un diabète de type II est accru, environ 35 % des femmes ayant eu un diabète gestationnel sont touchées dans les années qui suivent.

Il faut donc redoubler de vigilance et poursuivre l’observation des recommandations d’hygiène de vie et d’équilibre alimentaire pour se prémunir de ce risque. Un contrôle annuel est alors indispensable car, ce diabète de type II, s’il est le plus répandu, environ 90 %, est aussi celui qui, dépisté et traité tôt, peut s’avérer réversible.

Un bon suivi vous permettra d’accoucher à terme et par voie basse sans complications notables.

Et qu’en est-il pour le bébé ?

Le diabète gestationnel peut entraîner une prise de poids excessive, l’excès de glucose de la mère étant transmise à l’enfant, et aller jusqu’à plus de 4kg à la naissance. D’autres complications comme une insuffisance respiratoire, une hypoglycémie néonatale peuvent survenir. Rassurez-vous, un bébé ne naît pas diabétique.

Et s’il est vrai qu’il aura des prédispositions au surpoids, à l’obésité et au diabète de façon précoce, vous allez vous appliquer à lui transmettre de bonnes habitudes alimentaires, le familiariser à l’activité physique et ainsi réduire considérablement ces probabilités.