Pourquoi les victimes de violences sexuelles parlent elles rarement ?

Ce que disent les spécialistes.

Des réponses neurologiques au violences sexuelles

Lorsqu’une femme ou un enfant subit une violence sexuelle, la première question qui surgit trop souvent est Pourquoi la victime n’a-t-elle pas parlé plus tôt ?

Pourtant les recherches internationales montrent que le silence est l’une des conséquences les plus fréquentes de ces violences.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de nombreuses études en psychologie du traumatisme, plusieurs facteurs expliquent pourquoi les victimes parlent rarement immédiatement :
• La peur des représailles
• La honte et la culpabilité
• La dépendance financière ou affective
• La crainte de ne pas être crue
• La pression familiale et ou sociale

L’UNICEF, souligne également que lorsqu’il s’agit d’enfants, la difficulté est encore plus grande. Il peut ne pas avoir les mots pour décrire ce qu’il a vécu. Il peut aussi être également manipulé ou menacé par l’agresseur. Dans de nombreux cas documentés, l’auteur est une personne connue de la victime.

Les spécialistes du traumatisme expliquent que le cerveau peut aussi entrer en mécanisme de protection c’est à dire sidération, déni, confusion. Ce ne sont pas des réactions “anormales” ce sont des réponses neurologiques reconnues.

Il est important de rappeler que le silence n’est pas un consentement.
Il est souvent un mécanisme de survie.

Dans les communautés africaines et de la diaspora, des facteurs supplémentaires peuvent intervenir comme le poids de l’honneur familial, la peur du rejet, la méconnaissance des recours disponibles. Les chercheurs parlent parfois de “double isolement” : Isolement personnel et isolement communautaire.

Les études montrent aussi une chose encourageante, lorsqu’un environnement sûr et bienveillant est créé, la parole devient possible.

C’est pourquoi le rôle des associations locales est fondamental. Elles offrent un espace d’écoute, d’orientation et d’accompagnement. Selon les recommandations des organismes internationaux le soutien communautaire est un levier essentiel pour réduire les conséquences à long terme des violences.

Créer des lieux où la parole est protégée

Créer des lieux où la parole est protégée, où la victime est crue et accompagnée, change profondément les trajectoires.

La question n’est donc pas “Pourquoi n’a-t-elle pas parlé ?” La vraie question devient “Avons-nous créé les conditions pour qu’elle puisse parler en sécurité ?”

Afro Santé soutient les structures qui travaillent chaque jour à créer ces espaces sécurisés. Parce que protéger les femmes et les enfants commence par écouter, sans juger, sans accuser, mais en soutenant concrètement les solutions existantes.

Sources
• Organisation mondiale de la santé (OMS) rapports sur les violences basées sur le genre
• UNICEF données sur la protection de l’enfance et la divulgation des abus
• ONU Femmes études sur les mécanismes de signalement et obstacles à la parole

Cet article relaie des analyses et travaux de sources spécialisées. Afro Santé agit comme relais associatif et ne se substitue pas aux professionnels de santé ou aux autorités judiciaires.

Afro Santé -> Prévenir-Guérir-Construire

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